L’épopée du canot saintois

15 juillet 2021

Adaptation du canot creux breton aux conditions de navigation dans le canal des Saintes, le canot saintois traditionnel est un pilier de la tradition maritime de la Guadeloupe. Unique en son genre, il passionne les amateurs de sensations fortes et les gardiens des traditions nautiques locales.

Tout commence au 18ème siècle. Le canot saintois est né de la volonté des pêcheurs de naviguer au près de la manière la plus optimale possible. Et puis, parce qu’en Guadeloupe, l’envie de compétition n’est jamais bien loin, l’aspect sportif va prendre le relai. Très rapidement, des régates s’organisent dans la baie des Saintes et le spectacle est tel qu’il séduit les pêcheurs de la Guadeloupe pour finir par devenir un des événements nautiques phares de l’archipel. Après un moment de flottement dans les années 50, la voile traditionnelle revient en force dans les années 2000, grâce au travail et à l’engagement de charpentiers de marine tels qu’Alain Foy (Les Saintes) et les ateliers Forbin (Pointe-à-Pitre).

Transmission du patrimoine

En dehors de la cohésion d’équipage qui permet de maintenir l’assiette du bateau, le faisant ainsi surfer sur les vagues, pratiquer la voile traditionnelle, c’est surtout marquer son envie de devenir détenteur d’une partie du patrimoine nautique de la Guadeloupe. La volonté de transmission des techniques de navigation, des astuces de lecture du vent, ou encore de compréhension du comportement du canot saintois, est omniprésente chez les patrons d’équipages.

C’est aussi pour cette raison que la jauge du canot est aussi strictement réglementée. Ne sont considérés comme canots saintois, que les embarcations dont la coque creuse est composée de bois du nord (quille), bois d’acajou (bordées et plancher) et poirier pays (membrures et proue). Les voiles ont une forme en trapèze typique avec un mât et une bôme en bambou. Lors des courses, les canots participants doivent répondre exactement à ces conditions sous peine d’être pénalisés par les arbitres de course.

Le traditour, un nouvel essor

En 2017, la Classe des canots saintois de voile traditionnelle est créée par certains patrons de la flotte, qui sentaient venir un certain désintérêt du public pour ce sport. Elle révolutionne alors les courses en privilégiant des tracés très proche du littoral. Une astuce qui leur permet de les faire commenter par des experts de la voile traditionnelle dès que cela est possible. Deux objectifs à cette stratégie. D’abord (re)conquérir le public en lui faisant redécouvrir le spectacle des voiles colorées dans canots en mer, et ensuite, transmettre les valeurs de la voile traditionnelle à plus grande échelle.

D’une manière générale, les patrons de la flotte veulent continuer de valoriser le patrimoine nautique Guadeloupéen et démontrer son potentiel économique et social.

De ces nouveaux objectifs est né le Traditour, une régate en étapes d’une semaine, autour des Îles de Guadeloupe. Cette année, en raison de la crise sanitaire, la compétition a été compressée en un raid de deux jours, durant lequel les équipages devront faire un tour complet de l’île en deux tronçons. Ti Nèg La, l’équipage de l’Office de Tourisme du Nord Guadeloupe fera partie de la flotte. Ses supporters et les admirateurs de la voile en général pourront suivre la course sur tous les points de vue du nord Grande-Terre puisque le premier tronçon liera les communes de Sainte-Anne et Port-Louis en passant par le canal de la Désirade, puis au large du Moule et de l’Anse-Bertrand.

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